Les filles Soso à Avignon

Théâtre contemporain
Affiche du spectacle Les filles Soso à Avignon
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Introduction
Trois pièces inédites en France de Zhenya Berkovitch, et de sa troupe les filles SOSO.
description
Notre Trésor

«Vis une vie longue et heureuse,
notre cher ami.
Espérons que le règne du roi Hérode
ne prenne jamais fin.»

Il était une fois un enfant qui venait de naître. Les Rois mages lui apportèrent un coffret cadeau contenant tout le nécessaire pour ses premiers mois de vie (qui pouvait être échangé contre une somme de 200 euros); des moutons vinrent à lui, et un âne le réchauffait de son souffle. Et ses parents l’aimaient tendrement.

Pendant ce temps, Hérode décréta que tous les nourrissons devaient être tués. Tout commença par un recensement, mais nous savons tous comment cela s’est terminé.

Il s’agit d’une parabole de Noël avec des anges, des policiers de Bethléem, des animaux qui parlent et des mères aimantes. On y chante des chansons et on y récite des poèmes.

La pièce transmet une idée très simple de la manière la plus accessible qui soit : la naissance est un miracle ; chaque personne est un miracle.


Сomptine

«La guerre finira, et on aura tout. Est-ce que la guerre va finir?» demanda-t-il en plissant encore plus les yeux, d’un air sceptique.
«Elle finira, bien sûr! Elle ne peut pas durer éternellement…»

Voici l’histoire de deux jeunes filles de treize ans livrées à elles-mêmes au cœur du conflit entre la Géorgie et l’Abkhazie. Dans un village géorgien isolé, il ne reste plus que des enfants, des personnes âgées séniles, des handicapés et des femmes sans défense. Tout le monde attend l’ouverture du « couloir», mais celui-ci ne s’ouvre pas, et il n’y a pratiquement aucun espoir de secours.

C’est une histoire sur la guerre, sur le passage à l’âge adulte. Elle questionne la relation d’une personne avec le temps et l’espace dans lesquels elle est contrainte d’exister. Malgré l’horreur des événements et des circonstances décrits, il y a beaucoup d’humour ici — car l’histoire est racontée du point de vue des enfants qui, même dans le contexte d’une grande catastrophe, sont préoccupés par des petites affaires personnelles (mais si importantes pour tout enfant).


DECREATION

En 1942, alors que le monde, tout comme aujourd’hui, était déchiré par les nouvelles de la guerre, de la violence et de la déshumanisation fatale de l’humanité, la philosophe politique française Simone Weil entama une grève de la faim partielle. Après avoir pris connaissance des conditions de vie des prisonniers dans les camps de concentration allemands, elle limita sa ration quotidienne afin qu’elle ne dépasse pas celle des prisonniers.

Cet acte de sacrifice de soi, qu’elle qualifiait d’«austérité morale», entraîna une détérioration de sa santé et finit par causer sa mort. Tout au long de sa grève de la faim, Simone écrivit dans son journal intime sur la nécessité de ce choix éthique et sur la manière dont elle tentait de construire un «tunnel empathique» avec ceux qui souffraient le plus: les blessés, les prisonniers, les opprimés et les assassinés. Elle estimait que sa conscience ne pouvait lui permettre de continuer à vivre dans un monde où elle ne comprenait pas pleinement et ne partageait pas la douleur des autres. Simone disait que chaque fois qu’elle mangeait à sa faim, elle avait l’impression de tricher.

Cet effort éthique, poussé à son extrême limite, nous interpelle aujourd’hui sous la forme d’une question : comment pouvons-nous répondre au mal qui nous entoure? Existe-t-il une autre façon de vivre et d’interagir avec le monde, ou l’approche dure et extrême suggérée par Simone Weil est-elle notre seule option? Ou peut-être, au contraire, sa grève de la faim était-elle un acte de désespoir, d’autodestruction délirante et de défaite?

Notre pièce sur Simone Weil n’est ni un biopic ni une biographie, mais une exploration existentielle de la modernité.

Organisé en partenariat avec Dochumain.
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informations
du 4 au 21 juillet relâche les 9, 16 juillet
10h00 2h05
MANUFACTURE (LA)
Salle : Manufacture, Château (Trajets en navette compris) - S'y rendre
Langue principale : russe
Surtitrage : français
Public : Tout public à partir de 12 ans
Avertissements : Haut volume sonore, Violence physique / présence de sang ou de scènes de torture
tarifs
24 €
plein
16,5 €
abonné⋅e
Non disponible sur Ticket'Off
Comment réserver ?
auteur⸱ices
De Zhenya Berkovitch, Alexander Plotnikov
équipe artistique
Zhenya Berkovitch - Direction
Alexander Plotnikov - Direction
Alexander Andrievich - Production
Elena Perelman - Création lumière
Kseniia Sorokina - Création
Olga Shaidullina - Musique
Tamta Melashvili - Texte
Les Filles Soso
Origine : ISRAËL
Description :
Une compagnie de théâtre indépendant créé en octobre 2018 par la metteuse en scène et dramaturge Zhenya Berkovitch.

SOSO Daughters est une compagnie de théâtre composée exclusivement de femmes. C'est un théâtre fondé sur les principes incontestables d’un art engagé et socialement responsable, avec une communication directe et honnête. Un théâtre où l’empathie, le regard attentif et respectueux envers les autres, la compassion et l’attention portée à autrui constituent un manifeste éthique et esthétique. Nous croyons que le théâtre a le pouvoir et le devoir de changer le monde pour le mieux.

SOSO Daughters posent les questions qui préoccupent les gens aujourd’hui. Elles explorent des événements de notre passé commun afin de mieux comprendre qui nous sommes. La liberté n’est pas seulement le thème central de leurs spectacles, mais aussi le principe fondamental de l’existence de leur théâtre. «Nous mettons en scène des textes peu connus et nous invitons de jeunes metteurs en scène et chorégraphes à collaborer avec nous. Nous travaillons avec diverses approches et divers genres, en recherchant constamment la nouveauté, en essayant de nouvelles choses, en apprenant et en expérimentant».

En peu de temps, cette troupe de théâtre est passée d’un projet local à un véritable phénomène international. Entre 2023 et 2026, elle a effectué de nombreuses tournées en Europe, mais aussi dans des contrées plus lointaines. Ses spectacles font régulièrement salle comble et l’objet de critiques élogieuses dans la presse.

Zhenya Berkovitch, qui a fondé la compagnie, a été condamnée en 2024 à six ans d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire pour avoir mis en scène la pièce *Finist, le Faucon Lumineux*, d’après une œuvre de Svetlana Petriichuk. Svetlana a également été condamnée à six ans de prison. Elles purgent actuellement toutes deux leur peine dans différentes colonies pénitentiaires à travers la Russie. Le projet «Les filles Soso à Avignon» a pour but de faire connaître à la communauté internationale l’histoire de ce "procès du théâtre". Nous remercions tous les spectateurs qui viendront assister aux représentations. «Les filles Soso à Avignon» comprendra trois spectacles: «Notre trésor», «Comptine» et «Simone Weil», ainsi qu’une exposition présentant des costumes et d’autres objets issus de la pièce «Finist, le Faucon Lumineux».
Le spectacle en images